Contrat à moitié rempli

Je n’ai pas lu le best-seller dont est inspiré le film, mais toujours est-il que "Ne le dis à personne" semble être une transposition réussie d’une histoire américaine dans un paysage français. A aucun moment, on n’a l’impression que le matériau de base est américain. Le film est un bon polar français jusque dans son dernier tiers bien trop académique et explicatif que pour être efficace.

"Ne le dis à personne" à l’intelligence de jouer la carte du réalisme. Les personnages évitent toujours de justesse les stéréotypes du genre et conservent un grand degré d’humanité. L’action se situe dans des lieux qui donnent l’impression qu’elle pourrait se passer à côté de chez soi. Lorsque quelque chose pourrait nuire à la crédibilité de l’action, il y a toujours une petite ligne de dialogue qui ramène les pieds des spectateurs sur terre. C’est finement joué.

Le film épate également en sachant modérer sa nervosité. Il sait adopter un tempo lent quand il le faut. Ces changements de rythmes profitent aux personnages qui prennent du volume et ont l’occasion d’être plus nuancés. Cela dit, quand le film s’accélère, il nous offre deux très bonnes scènes d’action, dont une poursuite à pied, d’un réalisme qui fera sûrement école dans le cinéma français.

Toute cette première partie prometteuse est hélas balayée d’un coup par son dénouement interminable qui semble avoir été signé par un autre réalisateur. On bâille. L’happy-end mielleux à souhait ne fait que renforcer notre déception.

C’est dommage, car "Ne le dis à personne" aurait pu constitué un bonne surprise dans un cinéma de genre français qui d’habitude a bien trop tendance à se la jouer hollywoodien alors qu’il n’en a pas les moyens.