The Holiday

Vous avez aimé « Coup de foudre à Notting Hill » ? Vous aimerez à coup sûr « The Holiday ». Quoi de plus relaxant en cette fin d’année qu’une comédie mélo-romantique distribuée en « cadeau de Noël » ?

Production américaine à l’eau de rose pour public sensible, friand d’histoires faciles aux dénouements certains ? Eh bien soit ! Dans un premier temps, reconnaissons que le descriptif colle à la réalité. Mais je me suis néanmoins laissé personnellement prendre.

L’histoire d’abord. C’est une sorte de Marivaux moderne. S’il n’y a pas à proprement parler de quiproquo, c’est tout de même l’histoire d’un échange : celui de deux lieux de vie.

Deux femmes dans une passe sentimentale difficile, troquent leurs demeures, le temps de cinq jours de vacances. Un charmant cottage anglais sous la neige pour l’une et une superbe maison moderne avec jardin et piscine sous le soleil de la Californie du Sud pour l’autre. Superbes séquences de la découverte respective des habitats par leur occupante d’une semaine !

Si l’histoire est un peu téléphonée (deux coups de foudre en chassé croisé, les deux filles terminant par devenir belles-sœurs) l’intérêt est dans le contraste entre les deux représentantes de la gente féminine. Des rôles typés, interprétés royalement par Caméron Diaz (c’est pas trop mon goût) et Kate Winslet (qui m’inspire beaucoup plus). Vous m’excuserez de parler prioritairement des filles. Les spectatrices, elles, orientent plus volontiers leurs commentaires sur les rôles masculins, descendant Jack Black, (à leurs yeux insipide, pas joli et tout et tout) lui préférant le très sexy, talentueux et superbe Jude Law. C’est vrai qu’il est beau gosse et que son profil de veuf, papa de deux charmantes gamines en mal de mère, a tout pour faire craquer les donzelles.

C’est, il est vrai, une des caractéristiques de pareil film : l’essentiel est d’abord dans le casting. Que serait « Coup de foudre à Notting Hill sans Grant et Roberts ? Mais ici, j’y reviens, les maisons sont aussi des premiers rôles. Elles mériteraient chacune que l’émission « Une brique dans le ventre « leurs consacre une séquence.

Et puis, il y a le tournage. On est, certes c’est prévisible, en montage alterné. On va tour à tour voir ce qui se passe aux States et en Angleterre. Mais c’est surtout l’usage des gros plans, voire des très gros plans, qui m’a frappé. Sans qu’il faille pour autant parler de caméra subjective, on est constamment en contact avec les visages des acteurs. On penserait d’abord même à un tournage pour la télé… où les gros plans affichent en plein écran des visages à taille réelle. Mais ici, projeté en salle, le résultat est plus étonnant encore. On vit l’aventure, « les yeux dans les yeux ». Et puis, quand il s’agit des paysages, ceux de la campagne anglaise sous la neige (Godalming dans le Surrey) sont superbes !

L’intérêt romantique de ce genre de production est sans doute dans le transfert possible entre spectateur et héros. Cette histoire parle-t-elle un peu de moi ? Pourrais-je en être le héros ?

Et là, on peut se plaire à rêver. Facilement. En effet, le troc de maison a de plus en plus la cote aujourd’hui. Et les personnages décrits sont bien loin des vedettes de cinéma hollywoodiennes. C’est sans doute ça, finalement, le caractère rafraîchissant de ce film : plutôt que de mettre en scène des histoires compliquées avec des héros hors du commun, on a ici une trame narrative proche de la vie de tous les jours, interprétée par des actrices pétillantes et gracieuses qui rendent les choses crédibles tant on a l’impression d’être « entrés dans leurs chaussures ».

Un film qui donne la pleine mesure de cette expression « habiter sa vie ». Même si pour y arriver finalement, les héroïnes auront dû, pendant une semaine, échanger leur habitat.