Drôlement cynique, Cyniquement drôle

Très bonne surprise pour le premier long métrage de Jason Reitman. Centré sur le personnage fictif de Nick Naylor, lobbyiste oeuvrant pour le puissant conglomérat des producteurs de tabac, le film parvient à traiter un sujet ô combien controversé sur un ton léger, voire drôle, sans tomber dans la caricature. Les personnages sont certes très stéréotypés, mais le réalisateur est parvenu à ne pas forcer le trait plus que nécessaire. De même, le scénario est relativement bien ficelé, parsemé de nombreuses touches d’originalité parfois à la limite du rocambolesque, il faut bien le dire, mais le tout tient relativement bien la route. Aaron Eckhart, interprêtant Nick Naylor, endosse parfaitement bien son rôle, et parvient à rendre son personnage très attachant, tout en restant parfaitement crédible du début à la fin. De même, les rôles secondaires sont globalement bien tenus, avec une mention spéciale à Cameron Bright, qui interprête le jeune fils de Nick Naylor. Enfin, et c’est peut-être le plus important, outre son aspect divertissant, le film amène une réelle reflexion sur la puissance des médias, et, si la morale ne s’en sort pas toujours intacte, il met l’accent sur l’importance du sens critique dans une société de plus en plus bombardée d’informations. Sans porter de jugement, se gardant bien de donner une réponse définitive à une question qui n’en a de doutes façons pas, le film amène le spectateur à réflechir tout en le divertissant, et rien qu’à ce titre mérite largement d’être vu.