Vous dites ?

Bien que filmé avec efficacité, bien que regroupant des acteurs talentueux, bien que relatant une histoire finalement assez prenante, Babel souffre de deux défauts majeurs. D’une part, une lenteur excessive, due essentiellement à la mise en scène, mais que la narration ne justifie pas : l’action se situe en des temps et des lieux différents, mais chaque scène déroule le fil au compte-gouttes, sans faire monter la tension ; dès lors, on quitte chaque scène de chaque intrigue parallèle sans réellement attendre le retour à celle-ci. D’autre part, on est en droit de se questionner sur l’intérêt d’avoir rassemblé toutes ces histoires en une seule. Contrairement à un film comme 21 grams, où la découverte des liens qui unissent les histoires permet une meilleure compréhension globale, la vue d’ensemble de la trame de Babel n’apporte strictement rien de neuf par rapport aux histoires individuelles, et on ne peut être que déçu par ce manque de consistance. La référence à la malédiction de Babel apparaît en filigrane, de manière correcte, mais constitue un fil conducteur plutôt qu’une réelle intrigue principale. Finalement, c’est peut-être le seul élément concret qui unit les histoires entre elles. Bref, une grosse déception pour un film attendu et qui aurait pu être autrement plus réussi.