Retour en mode mineur pour Bertolucci

Après dix ans sans avoir tourné, le dernier dinosaure du grand cinéma italien revient avec un film aux moyens très modestes pour celui qui avait signé avec Le Dernier empereur le plus gros budget européen de son époque. Avec Io e Te, le réalisateur se penche sur l’adolescence pour en narrer les difficultés sur le mode du récit initiatique. Quasi huis-clos, le film s’avère cependant très banal et s’apparente plus à un film éducatif sur les difficultés de la sociabilité adolescente qu’à une œuvre profonde qui interpelle. L’image est pauvre, le jeu d’acteur très moyen et les enjeux dramatiques loin susciter une adhésion forte pour les personnages. A 180 degrés de The Dreamers où Bertolucci filmait la fougue juvénile soixante-huitarde, l’esthétisait et l’érotisait à outrance, Io et Te cherche à dresser un portrait réaliste de ses jeunes à coup de maladresse et d’acné. L’ensemble ne sonne malheureusement pas très juste, à l’image des tubes musicaux supposément « jeunes » (The Cure, David Bowie, et dans une moindre mesure Arcade Fire) qui tiennent plus de l’archéologie musicale que de l’actualité.