Critique du film "Présumé coupable

Il s’agit d’un film de type réaliste et dramatique, puisqu’il est inspiré de faits réels : l’affaire d’Outreau éclatant en 2001, qui fut le plus grand scandale d’erreur judiciaire en France depuis 1945. Cette histoire de pédophilie est survenue peu après le drame de l’affaire Julie et Mélissa, dans un climat de lutte contre la pédophilie. C’est ainsi que le juge d’instruction Fabrice Burgaud lança la terrible machine de guerre qu’est la Justice, et fut à l’origine de l’emprisonnement de 13 innocents, présumés coupables depuis le début de l’enquête, sur base de témoignages d’enfants, alors que les preuves d’abus sexuels sur mineurs étaient inexistantes.

C’est en 2005 qu’une des victimes, Alain Marécaux (huissier de Justice), n’ayant bénéficié à aucun moment de la présomption d’innocence, a écrit un livre pour relater son calvaire durant son emprisonnement et le procès qui s’ensuivit : « Chronique de mon erreur judiciaire : une victime de l’affaire d’Outreau ». Et c’est de ce livre que le réalisateur Vincent Garenq s’est inspiré.

Le thème de ce film est donc la dénonciation calomnieuse, les dysfonctionnements de la Justice et les conséquences que cela entraîne (vie brisée : travail, couple, famille…), ainsi que la pression sociale. Le message que comprend le public à travers « Présumé coupable » est qu’il ne faut pas accorder tout son crédit aux paroles d’un enfant, que l’adage « la vérité sort de la bouche d’un enfant » peut se révéler complètement erroné, et qu’il faut donc garder l’esprit critique et vérifier les dires d’un enfant avant d’agir ou de réagir. Ainsi, porter une affaire en Justice est un acte tel qu’il mérite large réflexion et preuves à l’appui.

Ce qui est surprenant dans ce film, c’est son réalisme et la performance de Philippe Torreton, interprétant Alain Marécaux. En effet, sa prestation est sublime : il fait passer toutes les émotions au public (colère, révolte, tristesse, impuissance, indignation, empathie…), en toute sincérité et sans exagération. C’est donc la prestation de l’acteur principal et le côté documentaire du film qui en sont ses forces.

Le seul point négatif que l’on peut souligner pour ce long-métrage est qu’il est centré sur une des victimes, alors qu’il y en a eu 12 autres.

Par conséquent, « Présumé coupable » est un film destiné avant tout à un public de type adulte et averti (certaines scènes sont moralement dures à voir).