Affreux, sales et touchants ?

Voilà donc la nouvelle sensation du cinéma belge. Mais, au-delà de ces cyclistes dénudés qui ont créé le buzz en défilant sur la croisette, qu’en est-il du film ?

La misère semble être un fonds de commerce qui rapporte pour le cinéma du plat pays. Normal, quand on vient de la patrie des Dardennes, me direz-vous. Oui, sauf que tout cela commence plus à ressembler à une formule garantissant sa place en festival qu’à une démarche honnête. Attention, « La merditude des choses » est sans doute habité par de bonnes intentions, mais cela sonne souvent aussi creux qu’une bouteille de bière vide.

Le long-métrage de Félix van Groeningen raconte pourtant une histoire qui avait tout pour nous toucher. L’évolution de cet ado du quart-monde qui découvre la vie aux côtés de son père, de ses oncles et de sa grande–mère, aurait pu se révéler émotionnellement plus riche, sans tomber pour autant dans le mélo. Hélas, cela ne se produit que très rarement.

Entre passé et présent, le récit se déroule tandis que l’intérêt se dilue. Bien qu’ils soient haut en couleurs, on ne parvient jamais vraiment à s’attacher aux personnages. Trop caricaturale peut-être, trop complaisant dans la crasse sûrement, on se demande même si, finalement, le cinéaste aime vraiment ces personnages.

Reste quelques bons moments d’humour absurde, mais à l’image de la misère qui règne chez ces gens-la, pas grand-chose d’autres à se mettre sous la dent.