C’est très beau, tout est dit

Le créateur de L’étrange Noël de Mister Jack revient en force. Prouesses d’animation et inventions visuelles sont au rendez-vous de ce festival onirique. Coraline est bien plus efficace que son cousin Corpse Bride de Tim Burton en préférant la couleur et la fantaisie à la sinistrose visuelle d’un humour dont le macabre éculé n’avait plus rien de lugubre (et inversement). Le film est donc très agréable à voir, de bout en bout, et surprend par son ingéniosité et sa qualité graphique. Il s’agit donc avant tout d’un spectacle virtuose.

Malheureusement, l’histoire bat un peu de l’aile. Les tribulations fantasmagoriques de la petite Coraline, qui rappellent celles de son homologue du Labyrinthe de Pan, manquent d’enjeux dramatiques qui animeraient le récit et l’épaissiraient d’un peu de suspens. On est comme dans un train fantôme où l’on sait bien que rien n’arrivera de fâcheux et qu’on emprunte pour le voyage, pas pour l’angoisse. Et c’est dommage car les efforts impressionnants pour animer l’écran auraient peut-être trouvé de meilleurs faire-valoir dans des astuces scénaristiques plutôt qu’une enième trouvaille visuelle. C’est donc un peu de Méliès qui vit dans Coraline : un cinéma de bateleur et d’illusionniste plutôt qu’un pourvoyeur de fiction bien ficelée.