Qui trop étreint...

Dans la série des super héros américains, Hell Boy est certainement un des personnages les plus atypiques. Loin des schémas classiques, la série de Mike Mignolia a su s’inventer un univers bien à part, où plane l’ombre de Lovecraft, et très bien servi par un graphisme original voire génial. Si la première adaptation cinématographique de Guillermo del Toro a su convaincre une partie des fans de la BD, c’est sans doute que le réalisateur a su préserver un peu du parfum particulier de l’oeuvre d’origine, notamment en basant le script de Hell Boy I sur les premiers tomes de la série.

Hélas, The Golden Army ne fait pas du tout pareil. Certes, Mike Mignolia a-t-il travaillé sur le scénario pour donner un peu de légitimité au récit totalement inventé de cette suite. Mais le réalisteur du Labyrinthe de Pan semble surtout s’être complètement lâché dans la surenchère visuelle pour noyer son film sous un déluge de créatures fantasmagoriques et de situations abracadabrantes. A défaut d’une histoire qui ne soit pas complètement prévisible, le pauvre Hell Boy semble écrasé par cette déferlante de fantastique contre laquelle il ne peut qu’opposer les deux répliques et demies qu’on a daigné lui laissé, et les moulinets de ses gros bras pour tenter d’avancer.

En fait, avec Hell Boy II, Del Toro a peut-être voulu se faire la carte de visite nécessaire à l’adaptation dans laquelle il s’est engagée : Bilbo le Hobbit. Nul doute qu’il a le talent nécessaire à la matérialisation de l’univers fantastique de Tolkien, reste à voir s’il saura respecter la magie du roman sans sombrer dans le rococo.