Comme t’y es belle

Si vous m’offrez le DVD, je vous dirai que c’est une merveilleuse idée et un excellent choix, tant ce film m’a collé à la peau. Pourquoi cette expression peut-être un peu bizarre ? Car le rapprochement s’est immédiatement imposé à moi avec cet autre film de femme(s) [1] : Caramel dont on se souviendra qu’il est un procédé d’épilation traditionnel en Orient - d’où mon expression.

Certains qui ont vu "Comme t’y es belle" disent que c’est un film pour filles. Sans doute aussi ! Je n’en disconviens pas. Mais j’y ai trouvé des raisons bien masculines de l’apprécier.

C’est un film sur le quotidien de quatre femmes. C’est un film sur la vie, sur l’amitié, sur l’amour... et rempli de sensualité. (N’ai-je pas écrit cela aussi dans ma critique de Caramel ? J’irai me relire !). Le scénario n’est pas l’histoire du siècle... soit ! C’est justement parce qu’il incarne le quotidien de femmes bien enracinées dans leur siècle et dans leur culture, la communauté juive shéfarade de Paris. Un peu de dépaysement, donc, quatre actrices exceptionnelles et une réalisatrice qui a beaucoup de goût.

Côté casting, la littérature nous dit qu’on a failli voir préférer Ophélie Winter à Laure Atika ! Franchement, on est passé à côté de l’erreur monumentale. Car ce qui fait vraiment toute la fraîcheur et le réalisme de cette histoire, c’est le casting. Plusieurs ont écrit que Michèle Laroque y joue comme jamais. Moi, plutôt inconditionnel, je dirais plutôt qu’elle y joue comme toujours... (mais j’avoue là mon impartialité. Soit, j’assume : Laroque, j’adore !). Mais le trio restant n’est pas moins bon. Aure Atika et Valérie Benguigui sont brillantes de simplicité... et de crédibilité. La critique a aussi salué la première prestation de Géraldine Nakache.

A bonne histoire, bon casting... Il fallait des filles qui soient bien présentes mais qui n’écrasent pas de leur vedettariat. Ni Ophélie Winter, ni aucun autre monstre de popularité n’auraient pu convenir pour interpréter (je devrais dire "faire vivre") cette aventure qui est sans doute plus proche du téléfilm. Finalement, c’est peut-être là que se trouve la force de cette production : pendant 85 minutes, j’ai vécu avec des gens -qui plus est, sympathiques et attachants- au lieu d’être baladé dans une histoire, fut-elle du quotidien. Et moi, j’aime ça.

Tous ne partagent certes pas mon avis. Ainsi Frédéric Lannoy, du quotidien du cinéma qui dit :" ... le public masculin ira probablement voir Comme t’y Es Belle avec le même mélange d’intérêt et d’incompréhension que lorsqu’il lit un magazine féminin dans l’espoir vain de mieux comprendre sa moitié. Construit sur le même modèle que le sommaire de Femme actuelle, chaque scène de la comédie de Lisa Azuelos-Alessandrin traite mécaniquement de sujets de société dans l’air du temps (familles recomposées, aventures extra conjugales, presse people…) sans jamais quitter les sentiers confortables du cliché. (...) Dommage, Comme t’y es belle est un film qu’on aurait voulu aimer".

A mon sens, on n’est pas en présence d’un magazine féminin, mais bien plutôt d’un journal intime ou d’un blog...