So british !

J’aurais tant voulu aimer ce film ! Non sérieusement, déjà parce qu’il traite des quartiers populaires (et que j’en suis issu !), des années 80 (et que...j’en suis issu !), du passage à l’age adulte, de l’appartenance à un groupe, de la contre-culture, tellement de sujets qui me parle et qui aurait pu résonné en moi de manière à réveillé le gosse qui sommeille au plus profond de ma personne. Mais il n’en fut rien !

Malgré la conviction avec laquelle il tire sur la corde lacrymale, ce film n’est que rarement parvenu à me toucher. Tout le long, on a la désagréable impression que la mise-en-scène de Shane Meadows tente de singer le grand frère Loach sans apporter aucune plus-value, pire, le scénario manque cruellement de personnalité, de profondeur et d’audace. Dans le même style, il y a « Sweet sixteen », « Rumble fish » ou encore « The great ecstasy of Robert Carmichael » qui sont, pour le coût, de véritables propositions de cinéma.

Au milieu de ce constat grisonnant, le film parvient tout de même à transpercer l’indifférence ambiante par un coup d’éclat inattendu. Cette réussite est à attribuer essentiellement aux acteurs. Thomas Turgoose, l’interprète du jeune Shaun, joue comme il respire et sa sincérité en est tellement désarmante que l’on finit conquit. Pour ce rôle, Shane Meadows a tenu à engager un non-professionnel dont le vécu ressemble à celui du personnage qu’il incarne, le résultat est plus que probant. Le reste du cast, quant à lui, assure sa part du travail avec talent et rigueur. Toujours au rayon réussite, la reconstitution des années Thatcher est particulièrement bien rendue. Cela en devient même glauque tant on a l’impression que les quartiers n’ont finalement pas changé depuis cette « glorieuse » époque.

Malgré tout, « This is England » reste anecdotique pour les raisons énoncées plus haut et pourtant Dieu sait que j’aurais tant voulu aimer ce film !