Antisocial

Coqueluche des festivals et des militants des droits de l’homme, Ken Loach poursuit la construction d’une œuvre ou l’engagement total se dispute la toile de l’écran avec un humanisme lucide. L’ancien documentariste persévère dans la déscription d’un monde qui ressemble au nôtre (à moins que ce ne soit le même ?) en appuyant son propos par l’intrusion inédite de son cinéma du côté de l’oppresseur.

L’intelligence est une qualité qu’il est utile de relevé lorsqu’on aborde le cinéma et on peut dire sans craindre de se tromper que le réalisateur anglais la possède certainement. En se mettant du « mauvais côté » de la barrière, on aurait pu s’attendre à une attaque franche, directe mais peut-être moins nuancée qu’à l’accoutumé. Au lieu de ça, Ken Loach et Paul Laverty (scénariste) font tout pour nous rendre cette patronne sympathique. Si bien qu’une drôle de sensation nous tiraille lorsqu’on la voit commettre des actes de mauvais aloi.

Au-delà de l’excellent script, la réussite n’aurait pas été aussi grande sans la participation d’une comédienne aussi douée que Kierston Wareing. C’est avec un réalisme bluffant qu’elle donne vie et force aux contradictions que porte son personnage. C’est tout pour les points positifs (et c’est déjà pas mal !).

La critique que j’aurais à formuler est pour ma part simple et totalement subjective. C’est dans son approche strictemement naturaliste que se situe le hic me concernant. En clair, il n’y a pas assez de cinéma dans ce film. Je ne lui demande pas de faire du Ridley Scott mais tout de même un peu de tenue quoi ! Voilà ! Huez moi si vous voulez...ou bien faites une manif !