A history of violence

Après avoir longtemps arpenté les chemins tortueux du fantastique, Cronenberg continue d’explorer la nature humaine, mais en changeant son fusil d’épaule. En effet, depuis peu il aborde avec réussite le genre ultra-balisé du polar. En tout cas, c’est toujours un plaisir de voir le cinéaste canadien au top de ses possibilités.

Cette histoire qui prend pied à Londres, nous contes les mésaventures d’une sage-femme (Naomi Watts, très juste !) confrontée à une organisation mafieuse suite à la mort suspecte d’une patiente. Elle va très vite être emportée par une spirale de violence qui la mènera jusque dans les recoins les plus sombres de l’âme humaine.

Ce qui frappe en premier, c’est l’apparente simplicité qui se dégage de cet objet. Point de gros effet de mise en scène, juste une envie de raconter une histoire de la meilleur façon possible. D’ailleurs, c’est cette absence de gimmick superficiel qui permet au réalisateur de « Videodrome » d’attirer toute notre attention sur l’intrigue.

Cela ne veut pas dire que le film ne se savoure pas comme une pure bande attractive et passionnante. D’ailleurs, « Eastern promises » contient son lot de morceaux de bravoures. Pour s’en convaincre, il suffit de voir la monumentale séquence du hammam : instantanément culte !!!

Viggo Mortensen est impressionnant. Malgré la retenue dont fait preuve son jeu, il parvient à nous communiquer le bouillonnement intérieur qui habite son personnage avec une vérité inouïe. Aucun doute là-dessus, l’Aragorn de Peter Jackson est l’un des acteurs les plus intéressants et talentueux du moment. Dommage que Vincent Cassel nous gâche quelque peu le plaisir à cause de son jeu trop approximatif.

Malgré quelques défauts mineurs au final, des films de cette trempe on aimerait en voir plus souvent. En espérant que Mortensen soit toujours de la partie pour la suite. Mais après tout, ne dit-on pas jamais deux sans trois ?