Liquidation totale !

Voilà un film qui se voudrait pamphlétaire, une œuvre qui se rêve cauchemar pour les consommateurs inconscients que nous sommes mais surtout pour les pdg’s inhumains (pléonasme ?) qu’ils sont. Mais force est de constater qu’il n’en est rien. Cette contestation qui dure le temps d’une séance de cinéma et qui nous conforte gentiment sur notre esprit critique est totalement inoffensive. Comme disait le grand Gil Sott-Heron (le premier slameur/rappeur de l’histoire) : « The revolution will not be televised », apparemment, elle ne sera pas cinématographique non plus !

Le livre de Beigbeder n’est pas passé entre mes mains, je ne pourrais donc pas comparer, commenter l’ampleur de la réussite ou de l’échec de cette adaptation. Je m’en tiendrais juste au film que j’ai vu en salle et là, il faut reconnaître, malgré tout, que le travail de Kounen-au niveau de la forme tout du moins-mérite d’être salué. En dehors du fait que cette œuvre voudrait paraître corrosive et qu’elle n’y parvient pas vraiment, le travail visuel du réalisateur est suffisamment intéressant pour être souligné.

On reproche au cinéaste d’afficher clairement ses références et l’on parle même de plagiat dans certains cas. Mais il n’en demeure pas moins l’un des seuls réalisateurs français (avec Florent-Emilio Siri, Mathieu Kassovitz et quelques autres francs-tireurs) capable de sortir la mise en scène gauloise de son train-train ronflant et gonflant. « 99 francs » est à l’image d’un joli spot avec pleins d’idées dedans. Le réalisateur de « Dobermann » connaît son métier (il a exercé dans la pub !) et s’il cite ouvertement ses influences, il ne se contente pas d’imiter.

Tandis que Jean Dujardin confirme son talent de comédien et sa place de leader dans le paysage cinématographique français (le film est un succès au box-office !) en nous offrant une interprétation en adéquation avec le ton du film, le reste du cast est également assez intéressant dans son ensemble (mention spéciale à Jocelyn Quivrin et à Vahina Giocante), j’émettrai juste une réserve au sujet d’Elisa Tovati qui ne parvient pas, selon moi, à tirer son épingle du jeu.

Ceci dit, on sort de là sans vraiment savoir quoi penser. Outre les failles d’un scénario pas toujours bien emballé, le contenu n’est finalement pas plus emballant ! Le film n’est pas un échec, mais loin s’en faut pour qu’on puisse parler de réussite. Et puis, ce qui me dérange le plus dans cette histoire, c’est cette façon mégalomaniaque (les multiples caméos de Beigbeder) qu’ont les auteurs de nous faire la morale. Alors qu’après tout, « 99 francs », n’est rien d’autres qu’une pub d’1h40 à leur gloire.