Tout est bon dans le cochon ?

Attention, ce film risque de désappointer, d’énervé et de mettre mal à l’aise les esprits trop formatés par la télé ou/et par les blockbusters. Oui, Jean-Jacques Annaud a l’air de très bien se porter tant sa nouvelle œuvre est vivante, mais de là à dire qu’il s’agit d’une réussite...

Situé à une époque pré-Homérienne, le réalisateur parvient à faire transparaître par le biais de ses personnages une naïveté qui semble tellement juste qu’on peut parler d’exploit, tant le cynisme, pourtant inhérent à notre société, ne parvient jamais à se faufiler dans son dernier film.

Ultime scénario de Gerard Brach (auteur, notamment, du script de « La guerre du feu »), c’est une sorte de coup d’éclat qu’il offre à son complice réalisateur avant de s’éteindre. Une farce dont le bon goût aura une saveur amère pour certains. En effet, le surréalisme dans lequel baigne le film peut mette à mal nos repères mais c’est aussi sa plus grande qualité.

Hélas, si cette audace nous donne du baume au cœur, ce n’est pas « Sa majesté Minor » qui fera d’Annaud un seigneur (d’autres oeuvres du metteur en scène s’en sont déjà chargé) car les bonnes intentions ne suffisent pas à faire de bons films. Le réalisateur de « L ‘ours » ne parvient jamais à transcender ses beaux décors, au risque de paraître aussi vain qu’une jolie carte postale sans nouvelles de l’expediteur.

Le problème, c’est qu’Annaud court plusieurs lièvres à la fois et qu’il ne parvient à n’en attraper aucun. Entre drame, comédie, récit initiatique et farce satirique le métrage se perd et nous entraîne dans une expédition qui se révèle être un cul-de-sac.

Reste une drôle d’œuvre, un OFNI (objet filmé non identifié !) qui interpelle, des acteurs qui s’amusent comme rarement (José Garcia, Vincent Cassel, Rufus, Jean-Luc Bideau, ...) et une fraîcheur qui m’a, toutefois, légèrement refroidît.