Dialogue avec mon jardinier

Parce qu’on me l’avait chaudement recommandée, j’ai donc été voir cette production mettant en scène le duo Auteuil-Darroussin.

L’affiche est de celles qui, comme les étiquettes de certaines bouteilles de vin déjà, vous font saliver avant même d’avoir dégusté.

Ce n’est pas un film décevant, loin de cela. Les décors sont très bien choisis et l’atmosphère générée par les jeux de lumière et les plans paysages rendent le cadre de cette histoire des plus agréables.

Mais je me suis jusqu’à la fin, posé la question de savoir ce qui me dérangeait dans un film par ailleurs bien foutu. Darroussin, parfait dans son rôle, est d’un naturel attendrissant. L’histoire est un peu simple, il est vrai, mais attrayante, même si elle n’est sans doute pas poussée jusqu’en son ultime développement. Monsieur Dujardin a sans doute beaucoup à apprendre à son pote Dupinceau. Et peut-être plus encore. Mais le temps passe vite dans ce récit.

Alors, ...qu’est-ce qui clochait ? A bien y réfléchir, c’est le jeu d’Auteuil qui ne m’a pas convaincu. Dans ce film comme dans d’autres, il endosse le rôle, pas facile il est vrai, du "dominant face au dominé" (Cf le Huitième jour, Jean de Florette). Sans doute est-ce cela qui m’a dérangé : l’attente tout au long du film de le voir déraper dans cette relation qu’il tisse avec son alter égo et dont j’aurai imaginé jusqu’à la fin qu’elle alllait tourner à la défaveur du plus faible.

Si ce coup bas n’est jamais arrivé, il m’aura mis en tension -bien inutile- jusqu’au bout. Est-ce cela le risque des "monstres sacrés" du cinéma : porter l’antécédent de leurs précédents rôles et donner l’impression qu’ils sont toujours écrasants face à des seconds rôles toujours en retrait ?

Ici, en tout cas, Darroussin se révèle vraiment très fin dans son interprétation et n’a rien à envier à celui qui lui donne la réplique.