Modèle du cinéma indépendant

Frappé du sceau du cinéma indépendant américain, concept un peu flou qui alimente la notoriété du festival de Sundance où ce film a gagné ses galons, Half Nelson incarnerait à merveille la formule de ce qui pourrait être un genre : un ton résolument réaliste, doux-amer, une histoire cantonnée aux tourments sentimentaux et psychologiques de deux ou trois personnages, le portrait des classes moyennes américaines et une ambiance sociale profondément désenchantée, sans dramatisation à outrance. Ces dernières années, nombreux sont les films qui présentent ce profil et qui rencontrent un succès d’estime voire de public. Half Nelson est de ceux-là, largement acclamé, il satisfera sans aucun doute les amateurs de ce style revendiqué comme anti-hollywoodien. Mais si objectivement, Half Neslon se laisse regarder, il doit sans doute beaucoup au charisme de ses interprètes. Pour le reste, sans être désagréable, il marque peu et n’apporte pas grand-chose à la galaxie dont il est issu.