Ukraine en Ardennes

Etrange film que voilà. Bien que fort attendu par les amateurs de cinéma belge, le premier long de Wicha Wald n’est que très confidentiellement visible. Sans doute les distributeurs sont-ils restés perplexes devant cette chose bizarre aux contours et aux intentions mal définis. L’impression d’étrangeté provient d’abord des caractéristiques de l’histoire : une aventure dans l’Ukraine du 19ème jouée par des acteurs au teint et à la langue bien français. Présenté comme un western mâtiné d’Asie, Voleur de chevaux est en réalité un récit initiatique centré sur deux couples de frères en prise avec la vie âpre des campagnes et l’influence des Duellistes de Ridley Scott. Pendant toute la durée du film, on suit donc ces personnages animés par l’instinct de survie, l’amour du frère et l’esprit de vengeance. Le résultat est un film simple, aux décors campagnards et dépouillés, qui ne sort jamais du cadre narratif que le réalisateur lui a imposé. Réalisé sans invention et marqué par un jeu d’acteur excessif, le film présente un profil peu séduisant, voire ennuyeux, qui évoque les téléfilms historico-romantiques que l’on peut voir sur les chaines françaises. Mais malgré ces handicaps qui pourraient passer pour fatals, le film réussit le tour très étrange de parvenir à captiver les spectateurs bien disposés. Finalement, les aventures très juvéniles et très masculines du Voleur de Chevaux présentent un charme indéfinissable, peut-être né de l’accident frontal entre les intentions sincères et les maladresses du réalisateur, et des moyens ostensiblement misérables dont a été doté son film.