Je t’ai aimé demain, moi non plus

Visiblement porté par une exaltation mystique et romantique, Darren Aronofsky s’est fendu d’un film plein de bonnes intentions qui tranche avec les noirceurs de Pi et de Requiem for a Dream. Souvent flirtant avec le too much, The Fountain a le grand mérite d’être complètement assumé et d’aller au bout de sa démarche. Présentant des similitudes franches avec le peu connu Slaughterhouse-Five (1972), il joue sur le mélange original entre trois moments de fiction : une époque médiévale, le contemporain et une sorte de futur onirique que ne renierait pas Jodorowsky. Au risque de dérouter certains spectateurs en mélangeant rêve et réalité, le film puise son originalité de cette construction qui décline deux thèmes centraux : l’amour et le deuil. Très conceptuelle cette approche pâtit cependant du manque de charisme de l’acteur principal, Hugh Jackman, qui loin de transcender le récit, a tendance à l’alourdir par un jeu trop emprunté qui empêche l’identification. Et c’est bien dommage, car à défaut d’un souffle transversal, The Foutain restera sans doute juste une expérience cinématographique intéressante et sympathique qui ravira surtout les ufologues du septième art.