Hocus Pocus, vous n’avez rien vu...

Bien mis en scène, bien que fort conventionnel, le film se caractérise par la mise en parallèle de trois époques différentes du récit tout en suivant simultanément deux personnages. Ce procédé qui pourrait dérouter est ici bien maîtrisé et sert pleinement les intentions du réalisateur. Celui-ci cherche essentiellement à entretenir le suspens de son histoire en attirant l’attention des spectateurs sur les mystères qu’il propose : en dévoiler assez sans en montrer plus. Essentiellement film à "rebondissement final", Le prestige perd cependant beaucoup de son intérêt si le spectateur découvre le mystère sur lequel il se base. Car c’est bien le risque que prend le réalisateur en tentant de transposer dans la logique de son film, la mécanique qu’il décrit comme étant celle de la prestidigitation : valoriser le mystère en détournant l’attention du spectateur. Mieux vaut aborder ce film en acceptant d’emblée de se faire surprendre sans trop chercher à anticiper la fin au risque de s’ennuyer un peu et de n’avoir à se contenter que d’un petit voyage sympathique dans le Londres victorien et dans l’univers implacable des magiciens.