Alice au pays de Franco

Après l’Echine du diable, de Toro pose à nouveau sa caméra dans l’Espagne de la Guerre civile pour une approche plus cérébrale du genre fantastique. Jouant sur le contraste entre la mise en scène réaliste d’une époque de sinistre mémoire et la fantasmagorie d’un univers enchanté, le film fonctionne en permanence sur des allers et retours entre deux histoires parallèles. Mais bien que réussi et agréable, il reste trop prévisible. Si l’objet est superbe et colle bien à l’image qu’on peut se faire des débuts du franquisme, il lui manque cependant la graine de folie qui aurait animé plus efficacement la dimension onirique du récit, trop froide et austère. S’il s’agit d’un choix, il a sans doute pour conséquence de valoriser la prestation exceptionnelle de Sergi Lopez au détriment des aventures de la petite fille, qui manque de spontanéité, et du fantastique, dont l’originalité se réduit à son esthétique.