Chassé-croisé amoureux sur une marelle

Ce film plaira certainement aux puéricultrices en manque de valorisation. En effet, Gondry puise toute l’esthétique de son second long métrage dans l’inventivité naïve des œuvres d’art en rouleau de papier WC, emballages de bonbons et autres bouchons en plastique. La référence aux jeunes années ne s’arrête pas là : toute l’intrigue est transposable dans une cour de récréation où un petit garçon et une petite fille jouent à « je te marierais quand on sera grand, moi non plus ». Hélas, indépendamment d’une débauche visuelle originale qui prouve qu’on peut encore faire de l’animation sans ordinateur, le film n’a guère plus d’intérêt. Le récit se limite à une pauvre histoire sentimentale qui, faute d’attraits scénaristiques, joue sur la sympathie que suscite son héros lunaire et inadapté pour intéresser le spectateur et séduire la spectatrice. La mécanique des rêves n’a donc d’autres atouts que son esthétique et sa poésie, pauvrement inspirée par Maurice Carême et Amélie Poulain.