Sauve qui peut les poulets

Ce documentaire, présenté lors du festival d’Attac au Botanique, aborde la problématique de la mondialisation du marché des denrées alimentaires, avec l’élevage du poulet en exemple. Deux parties complémentaires y sont développées : la grippe aviaire et les exportations. Premièrement, en Thaïlande, on explique l’impact de la grippe aviaire sur les petits producteurs incapables d’appliquer les mesures imposées contre la contamination éventuelle par les oiseaux migrateurs. « éventuelle » car c’est justement l’élément qui semble important car l’élimination des éleveurs de base favorise l’expension des firmes d’élevage dans des hangars immenses où tout est automatisé et toute présence humaine interdite pour la protection sanitaire. Un deuxième aspect est présenté au Cameroun, où il est assez connu que les poulets « bicyclettes » africains tendent à disparaître. La cause est expliquée tout simplement : l’inondation du marché par les surplus agroalimentaires européens et nords-américains à des prix inférieurs, étant donné les subventions reçus par les agriculteurs dans le pays d’origine. Mais le plus surprenant c’est la gestion interne et la « mondialisation » interne au pays car, pour survivre, les locaux finissent par « se manger » entre eux afin d’agrandir leur exploitation et ainsi diminuer leurs coûts. Deux bons fils conducteurs donc pour nous faire poser des questions, d’abord sur les enjeux cachés de la crise de la grippe aviaire et, ensuite, sur le libre commerce international. La programmation d’un débat à la suite du film était très enrichissante pour lancer cette dite discussion.