Orgueil et préjugés

« Keira Knightley apporte à Elisabeth Bennet un sang neuf, un sourire irrésistible et une vitalité nouvelle ». C’est pas moi qui le dit, c’est le chroniqueur de la Libre Belgique. Mais je souscris des deux mains.

Remarque film que celui-ci qui nous transporte, dès les premières images, dans la campagne anglaise sous Georges III, fin du XVIII donc. Le thème est simple et rappelle d’autres œuvres anglo-saxonnes bien connues : Jane Eyre ou Autant en emporte le vent. Tout tourne autour de la personnalité de deux êtres qui se cherchent autant qu’ils se repoussent : Elisabeth, seconde fille d’une série de 5 à marier dans la famille Bennet, et le ténébreux Monsieur Darcy.

Charmante famille dont tous les rôles sont tenus par des acteurs bien à leur place. A commencer par le père, admirablement interprété par Donald Sutherland, bien meilleur ici que dans les rôles habituels qu’il tient dans les films de guerre. Il y a ensuite sa femme, Brenda Blethyn qui cherche à tout prix, et par tous les moyens, à caser ses filles. Le souci principal de toute mère, dans cette Angleterre aristocratique de cette époque, paraît-il. Et puis chacune des filles, elles aussi désireuses de trouver le bon parti. C’est en fait cette Angleterre et ses belles manières qui sont les personnages principaux de l’intrigue. Les règles d’honneur et les bienséances et ce savoir vivre d’un autre âge.

La fraîcheur de l’œuvre, telle qu’elle est sans aucun doute décrite dans le roman de Jane Austen paru en 1813, c’est le personnage de Lizzie. Jeune fille mature, forte de caractère et prête à affronter la société aristocratique dont elle n’attend rien, contrairement à sa mère… et ce, avec le soutien d’un père confident.

Si la trame narrative est le premier élément du succès de ce film, le second moteur est l’héroïne qui l’interprète. Les décors, enfin, sont la véritable toile de fond de ce tableau champêtre. Mais ne pas en dire plus serait trahïr un préjugé : celui d’avoir pris fait et cause pour la fille, alors que l’orgueilleux apporte aussi sa pierre à l’édifice. Ténébreux, il l’est pendant la plus longue partie du film. Ce n’est que progressivement qu’il se dégèlera. Mais il apporte aussi à l’œuvre son cadre de vie. Aristocrate, il vit et occupe de superbes demeures choisies, pour ce tournage, parmi les plus beaux châteaux anglais. Ce sont en fait deux mondes qui se rencontrent, qui se croisent, qui s’enlacent progressivement. Comment ne pas terminer alors cette invitation à aller voir ce film sans évoquer la scène des débuts, quand les filles sont au bal et qu’on leur présente Darcy et son ami Bingley. Une superbe évocation des bals XVIIIième, faits de danses anglo-saxonnes à figures, avec changement de partenaires… Une petite merveille visuelle et musicale dont personnellement, je ne me lasse pas.

Et pour ceux qui auraient l’occasion de se procurer le DVD, de sacrés bons bonus : « La politique des rencontres, la famille Bennet, les manoirs d’Orgueil et préjugés, la vie et l’époque de Jane Austen ».