Ô Jérusalem

En 1947, le traumatisme de l’Holocauste hante encore le peuple juif qui se cherche une terre d’accueil. Les Nations Unies votent le 22 novembre le partage de la Palestine, jusque là sous mandat britannique. Dans ce contexte, l’amitié qui lie Bobby, juif new-yorkais, et Saïd, arabe, illustre toute l’absurdité de la naissance du conflit israélo-arabe. Les deux hommes arrivent en Terre Sainte dans le même bateau, mais sont vite séparés et emportés par la vague de haine qui traverse le pays.

Le sujet est difficile, et autant le dire, Elie Chouraqui ne s’en sort pas si mal. La première chose qui m’a frappé, c’est la langue du film. L’origine diverse des acteurs imposait sans doute l’anglais, reste qu’une réunion de dirigeants arabes dans un anglais forcé ça laisse un goût d’étrange.

Le film est malgré cela bien réalisé, les scènes de guerre et le jeu d’acteurs sont convaincants, et le scénario tient la route. Les mauvaises langues trouveront sans doute à redire des quelques caricatures – Jordaniens et Israéliens qui se serrent gentiment la main au moment du cessez-le-feu – mais pour ma part je me suis laissé séduire par le récit.