Beignets de tomates vertes.

Aimez-vous ces films qui sont de longues narrations, je pense à des œuvres comme « Out of Africa » ou « Sur la route de Madison » ? Ce sont ces deux contes-movies qui me sont revenus en mémoire en regardant « Beignets de tomates vertes ».

L’histoire a pour cadre cet état du sud américain qu’est l’Alabama, son architecture de grandes villas de bois aux larges terrasses couvertes, sa vie au soleil dans les espaces verts proches du bayou, ses pistes de terres battues parcourues par de vieilles tractions conduites par des hommes basanés, endimanchés dans de blancs costumes trois pièces.

Mais la vedette est volée à ses messieurs par un duo de femmes qui figure au centre de l’histoire. Deux femmes qui, en 1929, se racontent une histoire. Une histoire qui évoque deux autres personnages féminins, une cinquantaine d’années plus tôt. La suite à l’écran.

Pendant les deux heures dix que dure le film, vous serez en vacances. Aux côtés de Marie-Louise Parker (la brune Ruth Jameson), Maria Stuart Masterson (la blonde Idgie) sera votre guide. Son rôle, taillé sur mesure, vous rappellera sans aucun doute le personnage de Tom Sawyer de Mark Twain. Avec une féminité en plus qui est toute pleine de charme.

Superbes images, trame narrative intéressante, il ne manque que l’odeur de ces fameux beignets cuisinés par le duo de choc, au Wishtle Stop café. Pourtant, il ne faudrait pas oublier que l’histoire, c’est aussi celle de cet autre duo qui fait connaissance dans la maison de repos en 1929. On y retrouve deux autres rôles interprétés avec justesse : Katie Bates (Evelyne Couch) et surtout Jessica Tandy, admirable dans le rôle de Ninny Treathgoode. C’est là que se trouve le fil conducteur de ce film… dans ce regard aux yeux noisettes, ce regard plein de malice, et le souvenir si présent des événements qui sont racontés avec tant de précisions.

Le flash back narratif est un genre particulier du cinéma, qui mêle au récit l’interprétation de chacun des événements. La narratrice connaît la fin de l’histoire. C’est donc dans la confidence qu’elle partage avec le spectateur qu’il faut chercher le secret de la mise en empathie du spectateur.

Quatuor de femmes exquises, comme ingrédients principaux de ces « Beignets de tomates vertes ». Un excellent film à déguster. Mais j’imagine que sera encore meilleure la rétrolfaction d’une seconde vision. Dès que je peux, j’y retourne. Et si sur DVD, je commande une seconde ration