Du grand Scorsese

Rien à dire, la mise en scène, le cadrage et quelques idées de montage permettent rapidement de donner le ton : il s’agit bien d’un film de Scorsese ! J’étais resté un peu sur ma faim sur les deux précédentes réalisations du grand réalisateur (The Aviator et Gangs of New York) que j’assimilais plus à de grandes fresques historiques ou biographiques sans grand intérêt. Retour donc ici à une mise en scène plus "typée". Un bon point.

Deuxième bon point : les acteurs. Les jeux sont convaincants. Mention spéciale à Mark Wahlberg qui crève l’écran dans le rôle du flic désagréable-à-souhait-mais-qui-a-un-bon-fond-tout-de-même. Di Caprio est fidèle a lui-même j’avoue ne plus être tombé sur le charme depuis bien longtemps, peut-être ai-je tout simplement un sceptisisme sur la collaboration Scorses-Di Caprio. Matt Damon joue quant à lui un rôle très semblable à celui qu’il avait dans ’Mrs Ripley’, film que j’avais particulièrement apprécié à l’époque. Du sur mesure pour le playboy. Enfin, Jack Nicholson fidèle à lui-même, le bad guy au regard pas très net (vous avez remarqué cet oeil toujours plus grand que l’autre ?), un peu pervers mais qui réussit toujours à se mettre le spectateur dans la poche quand il le faut.

Côté "moins", je parlerai plus d’une forme de lassitude du genre. Quand on va voir un Scorsese on s’attend à en avoir pour son argent vu que les films ne sont jamais en dessous de la barre des 2 heures. Mais ici, c’est clairement trop ! Le scénario ne suit pas, on s’ennuie parfois, on tourne en rond, on se répète. Le ton général est un peu plus léger aussi par rapport à son habitude ce qui je pense renforce cette impression. La fin vaut néanmoins le détour et justifie peut-être paradoxalement la longueur.