Mieux vaut ne rien savoir

Le problème d’un film comme "Requiem" est qu’il devient fort inintéressant si vous connaissez à l’avance son sujet. Si vous faites partie de cette catégorie de spectateurs, il y a de grandes chances pour que la première partie du film vous laisse complètement indifférent et que vous attendiez impatiemment le dénouement du film. Cette première partie vous donnera envie de bâiller. Vous ne serez jamais interpellé par le quotidien ennuyeux de cette étudiante épileptique dont le mal de vivre n’a d’égal que l’austérité de sa mère trop croyante, car vous saurez très bien à quoi le réalisateur va aboutir. Alors certes, c’est admirablement bien interprété. L’Allemagne des années 70 semble bien reconstituée. Quant à la réalisation, étant du niveau d’un film social de l’époque, vous hésiterez entre la fustiger ou de dire que c’est un choix artistique judicieux. Heureusement, quand vient la tant attendue deuxième partie, le film tient toutes ses promesses et évite tout manichéisme que lui promettait pourtant le sujet. L’interprète principale atteint alors un niveau tout bonnement exceptionnel et quand le générique final arrive, vous serez estomaqué. Vous ne pourrez donc pas vous empêcher de sortir de la salle en pensant qu’il y a un sérieux problème d’équilibre dans le film, car c’est tout de même malheureux de ne pas pouvoir profiter d’un film juste parce que vous avez eu la mauvaise idée de lire son synopsis.